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Albums, concerts, films. Peu importe le style que vous appréciez ou le pays qui vous intéresse, nous en parlons, et de préférence avec humour.

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Baloji. Kinshasa Succursale (2011). Implantez la direction générale !

http://www.parisdjs.com/blog/public/labels/crammed/Baloji-Kinshasa_Succursale_Crammed_b.jpg

Nous ne nous étions pas quitté en très bon terme avec Baloji. Son 1er album, auquel on pouvait reconnaitre un potentiel au moins aussi important que le sous-sol de son Congo natal, s'était révélé bien décevant. 

 

Baloji avait eu le tort à mon sens de trop se concentrer sur la RDC sans trop savoir de quoi il parlait. Se contentant d’un discours bien pensant dans la majorité des titres et déjà bien rabâché, on pouvait rapidement en avoir sa claque. 

 

Conscient ou pas de ses torts, le jeune rappeur a ici enregistré son album à Kinshasa. A en croire les interviews, la production a été plus que brouillon, frôlant plus avec l’improvisation que la production actuelle de hop-hop. Et mince vous direz-vous, encore une disquette bien bâclée au rendez-vous.

http://thejustlife.org/home/wp-content/uploads/2011/09/6103744425_9d517ce054.jpg

 

Peut-être l’album est plus introspectif, peut-être que l’album est moins misérabiliste, peut-être que Baloji a comprit que son statut d’expatrié congolais lui donnait des droits mais aussi des devoirs envers les siens. En tout cas, il est devenu plus lucide sur sa situation, sur la complexité de son identité.  

 

On ne pourrait synthétiser tous les messages portés par l’auteur, pas forcément autobiographiques d’ailleurs il est important de le préciser: le manque d’attraction de l’Europe, la difficulté de chercher un travail lorsque cela est sous la menace d’une expulsion, l’avidité des politiques, la mise en scène théâtrale des partis politiques de la succession postcoloniale.

 

On pourrait prendre des heures à parler de cet album. Mais trop de choses à dire, trop envie de l’écouter sans cesse. Trop envie qu’il soit suffisamment médiatisé pour en inspirer d’autres. Le flow n’a rien d’impressionnant, mais les paroles touchent, même lorsqu’inintelligibles pour un simple francophone. Et puis cette instrumentation. Oh oui on savait que l’Afrique australe regorge de bons musiciens. Mais là la sélection a du être drastique, car la concordance entre la musique et le thème est d’une telle puissance qu’on a du mal à croire que l’album n’a pas été fait en 6 ans plutôt qu’en 6 jours. 

 

Les superlatifs manquent. Il est le, ou au moins parmi les meilleurs albums hip-hop 2011. A moins qu'il soit parmi les meilleurs albums toutes catégories confondues de 2011.

 


 
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