Albums, concerts, films. Peu importe le style que vous appréciez ou le pays qui vous intéresse, nous en parlons, et de préférence avec humour.
La pochette est sympa, le nom du groupe sonne bien (aigle-mouette). C’est parti en quelques chiffres:
5 bonhommes aux visages pas très « bankable » + madame.
Des américains sur un label belge.
Un 1er album éponyme en 2006, 2 ans après leur formation.
Le 2ème album en 2010, 2 ans après la date initialement prévue à cause de conflits avec le label.
Autant dire qu’ils n’ont rien d’un groupe à faire de grandes choses, et ne risque pas d’en faire puisqu’ils se sont séparés après leur tournée 2010 (tout du moins d’après wikipédia, pas évident de trouver des infos sur eux).
Pas si surprenant que ça, on a rarement vu un aigle engrosser une mouette et lui promettre fidélité par la suite.
Les présentations étant faites, il temps de voir à quoi ressemble le bébé fraichement pondus et déjà laissé à lui-même. Pauvre petit monstre de la nature, ton corps difforme renferme-t-il un trésor d’inventivité?
La bête n’est pas évidente à disséquer: 12 morceaux d’une durée comprise entre 4 et 5 minutes, des titres aux noms tirés par les plumes, n’est-ce qu’un groupe de pop/rock parmi d’autres?
Je ne m’étendrai pas sur la définition du pop/rock car cela me paraitrai trop prétentieux de m’estimer capable de cataloguer les artistes avec une méthode aussi exacte et pointilleuse que celle employé par la Fnac. Toujours est-il que ça ne me semble pas être du pop/rock ou quoi que ce soit d’autre.
Pour être plus concret, batterie, basse et guitare sont très classiques et prennent peu de risque. La particularité du groupe vient plutôt du violon, du clavier et des voix qui me semblent particulièrement intéressante. Le chanteur principal maitrise bien sa voix, et peu l’amener à une qualité vraiment convainquante quand les chœurs l’accompagnent.
Alors, bébé aigle-mouette, une espèce parmi d’autres pour piailler sur les plages et mourir dans d’atroces souffrances à chaque marée noire?
Non, car ce qui rend Eagle Seagull différent, c’est que rien n’est laissé au hasard, pas même leur spontanéité. Ca sonne vrai et intense comme un live mais avec un son parfait: chaque instrument et chaque voix est à la hauteur parfaite, variant au gré du morceau sans accroc. On met un peu de distorsion quand c’est nécessaire, mais jamais trop.
Bref, difficile pour moi d’en dire plus sur ce magnifique album d’Eagle Seagull qui se distingue de la majorité des groupes américains de plus de 4 membres classés pop/rock, qui oscillent souvent entre le trop d’émotion et le trop de « on envoie du gros son pour essayer de combler notre lacune d’imagination ».
The Year of the How-to-Book mérite d’être écouté pour se forger sa propre opinion.
Bien que toutes les chansons se valent, le refrain de « you can’t call yourself a secret » est particulièrement fabuleux.
7/10