Albums, concerts, films. Peu importe le style que vous appréciez ou le pays qui vous intéresse, nous en parlons, et de préférence avec humour.
L’histoire de La Cherga est typiquement de celles qui mériteraient un film bien de chez eux, dans le genre qui vous met les larmes aux yeux à la fois par ce que vous avez bien rigolé, vous avez été bien ému, et vous avez de nouveau été confronté à la grande question de notre époque: « pourquoi est-ce que le cinéma hollywoodien se complait presque uniquement dans la médiocrité et parvient quand même à envahir toutes nos salles/plateformes de téléchargement alors que ce genre de film et de musique reste méconnut? ». Une assertion d'autant plus vraie que je viens de voir le film les Trois Mousquetaires, une insulte au bon sens et à l'histoire de la France parmi d'autres.
Nous n’avons pas la réponse à tout cela, mais voici un bon synopsis:
Dans un beau jour quelconque de la fin du XXème siècle, la chanteuse kosovare Ivina et le « magicien » croate de l’électronique fuient ensemble la Yougoslavie, qui voit le préfixe ex se rapprocher durement et surement de son joli nom. Une fois en Autriche, les expatriés en rencontrent d’autres: un saxophoniste et un trompettiste macédoniens, un guitariste et un bassiste bosniaques. Bref, voilà une belle brochette de gens qui n’étaient pas trop branchés guerre de voisinage, et ont préféré jouer de la musique pour transcender les frontières politiques et apaiser les esprits.
Et cette musique n’est pas des moindre! Créant un style tout à fait indéfinissable, empruntant tant au reggae qu’à la musique balkanique ou même à l’éléctro: « Cooking Dub » en est peut-être la meilleure définition. Si on pourra leur reprocher du faire du neuf avec du vieux comme avec « Ciganka », il faut réaliser qu’il s’agit en fait de leur principal atout. Si le monde ne veut plus entendre parler ni des balkans ni de sa musique, alors les Balkans viendront à lui, différent, nouveau, écartant les erreurs de son passé et les tensions entre les peuples, la Cirga renouvelle l’idée d’une musique pan-balkanique plus conforme à ce que les oreilles actuelles désirent entendre.
Pari gagné, on ne veux désormais entendre plus que ça. Pour ceux qui n’avaient encore jamais succombé aux charmes de l’est, Fake no More est l’album idéal, et comme pour tout album de ces contrées pas si lointaines, vous aurez le droit à une musique digne des fanfares les plus enjouées: « Rembetiko »
9/10