Albums, concerts, films. Peu importe le style que vous appréciez ou le pays qui vous intéresse, nous en parlons, et de préférence avec humour.
Question du jour: les entreprises font-elles la différence entre les pistes cyclables et les emplacements de livraison?
Né en 1978 au Congo, il quitte sa mère et part avec son père en Belgique. Là-bas, à 16 ans, il part du domicile familial. Sa mère, toujours au pays, le voit à la télé dans ce qui est désormais son ex-groupe et lui écrit une lettre, par ce qu‘il lui manque, aucunement pour lui soutirer de l‘argent. Baloji a la bonne idée de lui répondre avec son 1er album solo, nommé en mémoire du motel que possédait son père au Congo.
Notre rappeur (et pas slammeur comme on peut le lire parfois) raconte donc ce qui s’est passé durant les 30ans d’absence de la daronne, dont ses souvenirs -imaginaires faudrait-il rajouter, le mec avait moins de 3 ans, rappelons-le, avant de partir chez nos voisins belges- du bled.
A l’aide de musiciens et d’invités à foison, Baloji présente un style bien particulier, reste a voir si on peut y adhérer. On commence par une intro bien sentie, chose vraiment rare à mon sens pour qu’on puisse le préciser, pour enchainer sur « Tout ceci ne vous rendra pas le Congo ».
Des chœurs, une musique énorme tant dans la composition que le beat, et surtout un rap puissant et intelligent: je pensais tenir là un géant. A tel point que depuis 1 ou 2 ans que je connais cet artiste, j'ai écouté cette chanson au moins une fois par jour.
Baloji sert de vigie à la fois pour la frontière Ouest et Est de la RDC
Sauf que non, ça s’arrête là. La musique est vraiment pénible tout au long du reste de l’album, lente et sans saveur. Les textes sont à la fois un avantage et le plus gros défaut d’« Hotel Impala ». Rimes recherchées et incisives, on reconnait dans l’écriture comme dans la voix et le flow du Abd Al Malik. Après, faut voir le contenu. En gros, et même si ca m’ennuyait trop pour que je fasse l’effort d’être constamment attentif, Baloji blâme les pays voisins du Congo de l’exploiter, il blâme les Belges d’être tous racistes, il blâme le gouvernement de faire de la discrimination positive et de le foutre « dans un quartier de bourges ».
Bref, le bonhomme n’est content de rien, mais adore ses parents, bien qu’il ne connaisse sa mère que de ses 3premières années, autant dire rien du tout, et qu’il ait choisi lui-même de se casser de chez son père. De plus, son discours d’engagement envers le Congo, c’est gentil de sa part, mais à part tourner un clip là-bas, il n’y a pour ainsi dire jamais vécu. Un peu à la manière d’un mec qui dirait connaître la Chine par ce que sa fille lui a envoyé une carte postale de Pékin, Baloji parle beaucoup et joliment, mais à base de connaissance wikipédia et d‘une unique carte postale de sa mère en 30 ans.
On pourra aussi noter la reprise massacrée de Marvin Gaye sur « Nakuenda» .
3/10
La version longue du clip de Tout ceci ne vous rendra pas le Congo