Albums, concerts, films. Peu importe le style que vous appréciez ou le pays qui vous intéresse, nous en parlons, et de préférence avec humour.
S’attaquer à une pointure comme Jay-z n’est pas tache aisée.
Seulement, replaçons nous à l’époque de la sortie de l’album, il s’agit alors de son 1er, et rien n’est alors assuré pour lui. A la différence de bien des rappeurs, Jay-z nous parle d’une vie difficile en connaissant bien son sujet. A 9 ans, il assiste pour la 1ère fois à un meurtre, à 13, il commence à vendre de la drogue. Si il considère Reasonable Doubt comme son meilleur album, c’est justement car il relate les 26 premières années de sa vie, lorsque celle-ci ressemblait plus à celle de ses auditeurs qu’à celle de Bill Gates. Et il l’avoue lui-même lors de cette interview réalisée par Oprah (on utilise que des références du journalisme d’investigation sur peoplearestrange): il ne mène plus une vie en adéquation avec son public, et c’est pourquoi ses textes ont perdu en réalisme.
L’album fut rapidement un succès et lança la carrière de notre homme. D’ailleurs, il est classé comme 6ème meilleur album de Hip-hop de tous les temps par MTV, et est classé dans les 500 plus grands albums de tous les temps par le magazine Rolling Stone. On conviendra que ces classements sont uniquement destinés à satisfaire le besoin de compétition du client, comme si ces stars inaccessibles étaient livrées aux lions, et n’ont par conséquent aucune valeur. Mais bon, ca flatte les égos de nos divas.
Alors que les critiques ont globalement salué Reasonnable Doubt comme un chef d’œuvre, il lui faudra attendre 2002 pour être disque de platine.
Un album facile d’accès (j’entends par là commercial), recommandé par les journaux, et pourtant relativement boudé par le public. Un manque de goût du bon peuple ou une erreur de jugement des médias? Réponse: le peuple a toujours raison. De là à dire que l’album fut surcoté par les prétendus experts, il n’y a qu’un pas que je n’hésiterais pas à franchir.
Rentrons à présent dans le vif du sujet.
N’étant pas fan de la méthode - je balance des dialogues de toutes sortes afin de masquer mon manque d’imagination pour remplir mon album-, je peux vous dire que je n’ai pas été déçu. Mais passons, c’est un défaut qu’on retrouve dans la plupart des albums de raps américains, même les meilleurs. Egalement, la quasi-totalité des morceaux reprennent des samples d’autres artistes. Pourquoi pas! Après tout c’est une pratique courante. Des feats minables parsemés au fil des morceaux. Ca se comprend, ca permet de toucher un public plus large et de mieux vendre.
On veut bien passer sur tous ces problèmes, mais bon, il va falloir que tout le reste soit nickel. Bien non, je ne vois aucun critère qui pourrait faire valoir à cet album les passions qu’il a entrainé auprès des gratte-papiers. Pour chaque morceau, une seule et même recette: un rythme lent et une musique répétitive au possible. Là-dessus on place un rap sans conviction, sans talent, sans originalité, puis on se retrouve avec 15 titres et, un peu plus tard, une fortune de plusieurs centaines de millions de dollars et Beyonce comme épouse. Qu’on vienne me reparler de justice dans notre monde tiens!
On distinguera « Brooklyn’s finest », en feat avec Notorious B.I.G, au dessus du reste.
3.5/10