Albums, concerts, films. Peu importe le style que vous appréciez ou le pays qui vous intéresse, nous en parlons, et de préférence avec humour.
Réjouissons-nous, il y a eut un coup d'état au mali, pays considéré comme l'un des plus stables du continent africain. C'est toujours un plaisir de vivre dans l'époque qu'est la notre.
Enfin bon, ici, c’est l’histoire d’un malien né en 1966, qui, après avoir tout vu tout fait avec tout le monde, décide de faire un album. Je ne vous le cacherai pas longtemps, pour l'avoir vu en concert, il s'agit tout simplement d'un des meilleurs artistes que j'ai pu écouter. Il est celui qui m'a donné la curiosité de la musique africaine, celui dont la musique me détend, et celui qui m'a donné envie de faire un blog. Soyons concis, Bassékou Kouyaté est un génie.
Il ne vous dit rien? Entre l’album évoqué et le second sorti en 2009, il a eu le temps de faire concerts et festivals en Amérique du Nord et dans la plupart des pays d’Europe, a reçu les BBC awards d’artiste africain de l’année et d’album de l’année, autant dire qu’il se débrouille. Il convient quand même de préciser que le producteur de cet album, Lucy Duran, est journaliste à la BBC, mais ça n’est en aucun cas de la corruption ou de la cooptation.
-Le Mali dans son ensemble s’accorde à dire qu’il est celui ayant permis de sauver son instrument de l’oubli.
Quel est il?
Le Ngoni, un vieil instrument d’Afrique de l’ouest aux très nobles origines, dont je ne vous retracerai pas l’histoire ici, vous savez surement lire wikipédia tout aussi bien que moi. Il forme donc un groupe de 4 ngonis ayant chacun une sonorité particulière, une calebasse et une yabara.
Voilà ce qu’on peut lire sur le site www.accesconcert.com
[[«First there was African tribal music which evolved into slave songs which became the blues which gave birth to the funk. Bassekou and his band tell the whole of this journey in one chapter. The most delicious mix of the finest musical ingredients make a stew that warms the heart and shakes the hips. Trust me, it tastes good!» Fatboy Slim (Mali, 2006)
“… a fantastic example of how music can lift your mind and soul at the same time … the perfect proof of how inspirational African music can be, how it can touch so many people on so many levels.” Damon Albarn (after hearing Bassekou & Ngoni ba in Mali, 2006)]]
Pour ceux qui n’auraient pas compris, le 1er nous dit que Bassékou Kouyaté retrace l’histoire d’une grosse branche de la musique en un seul album, et le 2ème qu’il est capable d’amener plus haut votre esprit et votre âme.
Bon, je pense que le CV du groupe vous en a déjà dit plus que je ne peux le faire sur la qualité des bonhommes. En résumé, dans l’album, on trouve:
- des (ou une seule je suis incapable d’être certain à ce sujet) voix d’homme(s). Vraiment très particulière, très grave et puissante. Bassékou Kouyate est encore plus viril que Mark Wahlberg
- des voix féminines qui sonnent parfaitement, qui sonnent traditionnelles, et, il faut l’avouer, qui sonnent incroyablement sensuelles.
- des chansons uniquement instrumentales. Avant, à part le jazz, je pensais que la musique instrumentale était chiante: j’avais tort.
Au final, si on veut ouvrir son horizon musical vers la musique malienne dans son ensemble, ou même plus généralement vers la musique sub-saharienne, Segu Blue est un album vraiment accessible pouvant être mis à la disposition de tout le monde.
On a particulièrement aimé: Ngoli Fola.
Une introduction dynamique qui vous amène sans même s’en apercevoir au refrain. Ici, la musique et la voix féminine ne forme plus qu’un ensemble parfaitement adapté. A tel point qu’on est confus et on ne peut dès lors que se laisser porter par le va et vient entre captivantes phases instrumentales et refrains, aboutissant sur un final qui vous tient en haleine jusqu’à la note finale.
8/10