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Albums, concerts, films. Peu importe le style que vous appréciez ou le pays qui vous intéresse, nous en parlons, et de préférence avec humour.

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Casey. Libérez la bête (2010): entre lionne indomptable et pénible caniche

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Casey, c’est la rappeuse contemporaine la plus connue de France, à mon sens avant tout pour sa maitrise unique de la langue francaise. Le problème, c’est qu’aussi bien soit ton sens des mots, de la technique etc, il faut que le texte suive (en tout cas en français, dans les autres langues ça importe moins). Et sur cet album là, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a trouvé un thème et s’y est accroché jusqu’au bout.

 

Mais bon, demandons nous d’abord qui est Casey. Aussi martiniquaise qu’elle se sente, elle est tout de même née à Rouen, et à vraisemblablement vécut toute sa vie en France métropolitaine. C’est con par ce qu’il parait que c’est vraiment bien la Martinique. Mais c’est une autre histoire. Puis faire 8h de vol pour toujours être en France, mais avec des produits de la vie quotidienne encore plus cher, c’est un peu dommage. 


Niveau carrière, bien elle n’en a pas vraiment. C’est le genre d’artiste qui peut passer une journée à trainer avec ses potes dans les escaliers dans un anonymat total, mais qui rend chaque salle de concert complètement nerveuse et prête à la révolte.

http://www.zone51.net/groupes/images/881/1.jpg

 

Voilà, on en vient au cœur du sujet, son album. Titres sur titres, l’artiste parle de son mécontentement grandissant et déjà murement réfléchi. Si le sujet peut lasser, et parfois abordé sous un angle totalement stéréotypé, il faut avouer que sur 13 titres, la rage se communique totalement à l’auditeur. A part le génialissime titre Apprends à T’Taire, que même les haters du hip-hop ne pourraient renier, on est donc dans la contestation de l’Etat français, de la condition sociale des banlieues, du colonialisme et des préjugés raciaux. 

 

Parler des banlieues, c’est banale mais Casey l’aborde avec un français tellement beau que l’on est quand même satisfait. Le colonialisme, c’est un peu histoire de remuer la merde, chose intéressante quand c’est fait de facon ponctuelle, mais là c’est trop. Surtout qu’elle oublie, comme tous les rappeurs à ma connaissance, que les européens ne sont ni les premiers, ni les derniers à avoir pratiqué l’esclavage. En attendant, les pays européens se sont déjà excusés à plusieurs reprises, on attend toujours que l’empire ottoman/Turquie, l’Egypte ou l’Arabie Saoudite fasse de même. Contestation de l’Etat français, c’est certainement pas moi qui y trouvera quelque chose à redire. Et quant aux préjugés raciaux, elle semble avancer que les blancs, dans leur majorité, déteste les noirs. Quant t’écoute ça et que t’es blanc, bien c’est un peu insultant quand même, et raciste par là même occasion d’ailleurs. Si ses textes reflètent sa grande intelligence, et que par conséquent on se doute qu'elle n'est pas le genre de personne à se laisser à ce genre de raccourcis, il est dommage de le mettre pour autant dans ses chansons.

 

Cet album peut donc à la fois être considérer comme une erreur de parcours ou un mal nécessaire, d’autant plus à cause d’un manque de la touche rock qui l’a distingué par le passé. Si je n’aime pas l’album, ca ne change rien de l’estime que j’ai pour la rappeuse, à la technique et au français tellement au dessus du lot qu’elle peut se permettre ce genre d’album.

 

3/10


 
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