Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 12:37

http://pixhost.me/avaxhome/df/a1/0012a1df_medium.jpeg

 

Warning, je ne peux malheuresement mettre de liens vidéos de l'album ici mais vous en trouverez sans difficultés sur youtube

 

 

Avec Kayhan Kalhor, on en vient à se demander si l’Iran n’est finalement pas autre chose qu’un simple pays de méchants dont les dirigeants n’ont pas même la décence, à l’instar de la Corée du Nord, d’être financé par l’aide humanitaire américaine pendant qu’ils font du nucléaire en douce.


Kayhan Kalhor est ce qui se fait de plus connu à l’échelle mondiale comme musicien iranien. La musique, qualifiée de perse, est tant influencée par le courant musulman soufiste que par la culture perse, bien antérieure à l’implantation de l’islam dans la région.


Sur cet album, l’artiste collabore avec des musiciens made in USA (Brooklyn Rider), avec brio, cela va de soi. A vrai dire, à partir de là, vous pouvez laissez de côté toute notion d’objectivité, cet album est indispensable pour peu que l’on oppose pas une allergie maladive aux violons . L’album n’ayant que 4 titres, et ces derniers étant particulièrement singuliers, on les abordera un par un. 

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/23949763/Kayhan+Kalhor+kayhan_kalhor_02.jpg

Attention, votre voisin de palier est peut-être l'un des plus grands musiciens de tous les temps

 

 

Ascending Bird: Un instrument fait d’os d’oiseaux. Basé sur une légende d’un oiseau qui voulait atteindre le soleil et s’enflamma à sa 3ème tentative, métaphore d’une transcendance spirituelle.

 

Il faut attendre la moitié de la chanson pour qu’elle prenne réellement de l’envergure et se démarque.


 

Silent City: Parle des villes détruites.  La 1ère partie improvisée. Le chant est plein d’espoir.

La musique semble longue à démarrer, on pense à autre chose, on commence une activité. Au bout de 10 minutes, la musique commence, peu à peu s’emballe, nous emporte. Il est raconté que des victimes de l’ouragan Katrina avaient remercié le groupe pour cette musique: c’est plausible. En effet, l’évocation d’une ville en ruine se fait rapidement, les rares êtres vivants encore debout sont silencieux, comme si le temps s’était arrêté. Et plus le tempo accélère, mieux on imagine le visage des rescapés s’emplir de courage et d’espoir. 

La musique reprend son cours, la ville est probablement reconstruite, et la vie redevient comme avant. Avec mélancolie? Peut être, peut être pas.

 


 

Parvaz: Peut-être par ce qu’il fallait du moins bien pour faire la transition entre les 2 longs titres de l’album, peut etre par ce que le son de facebook qui arrête pas de faire bip et que je ne sais pas désactiver me gâche un peu le truc, peut-être par ce que le titre est trop constant sur ses 4 premières minutes, Parvaz n’est pas le titre le plus élevé de ce répertoire. Pour autant, le dernier tiers du morceau mérite que l’on attende jusqu’au bout, car l’entrelacement des instruments à corde comme autant de serpents qui s’enroulent et se nouent, laisse bouche bée sur la maitrise des musiciens. Combien d’instruments ont-ils dû violemment éclater de rage avant de pouvoir atteindre une telle harmonie? Surement aucun, on parle là de Kayhan Kalhor, et Kayhan Kalhor n’est pas un homme ordinaire. A vrai dire, peut on encore être considéré comme un homme quand on peut faire chavirer le cœur de ses auditeurs à chacune de ses mesures?

 

http://www.tavoosonline.com/WebFiles/News/Images/keyhankalhomineapolis1.jpg



Beloved, do not let me be discouraged.

 

Rien que le titre est magnifique. Vraiment, à notre époque, quelle plus belle preuve d’amour que de trouver réponse à cette attente de la part de son/sa bien aimé/e/.


Et devinez-quoi? Le morceau aussi est magnifique.


Etrangement, le titre est encore plus sombre que Silent City, qui évoquait semble-t-il, l’utilisation de gaz par Monsieur Hussein à des fins de destructions massives de toutes formes de vie sur certaines villes.

Néanmoins, au bout de 4 minutes, on amorce un autre état d’esprit. On pourrait presque croire qu’un musicien celte, pas le plus joyeux certes mais apportant cette fraicheur si caractéristique, a décidée de passer par là. Le raccourci est vite fait, certes, car point de bignou et chants de joie à l’horizon, mais une légèreté plus prononcée.

C’est alors que, peu avant les 6 minutes du titre, la musique s’accélère. Un suspens plus fort que n’importe quelle saison de 24h Chrono, les musiciens nous tiennent en haleine. Ca y’est, chaque auditeur dessine dans son esprit sa propre histoire. Kayhan Kalhor est le meilleur des musiciens, mais aussi le meilleur des conteurs, celui qui vous fait utiliser pleinement vos capacités imaginatives. La fin est-elle heureuse? Je vous laisse le découvrir, vous ne serez plus la même personne.

 

Silent City n’est pas un album 10/10. Silent City est hors de tout jugement, il est ce pourquoi la musique est un art intemporel et transcendant les frontières, les religions, les idéaux et autres caractéristiques de la société humaine que cette dernière instrumente comme autant de barrières quand ce devraient être des sujets d’échange et de partage.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Archives